Actuasciences robotique : le robot chirurgien

Aujourd’hui, dans la plupart des cas, une opération du coeur se pratique en ouvrant le thorax et en déviant le flux sanguin dans un système extra corporelle de circulation du sang. C’est un moyen qui a fait ses preuves mais qui, en plus de laisser une très grande cicatrice et d’importantes douleurs, nécessite une longue convalescence (parfois d’un an !!). Si le thorax n’est pas ouvert, la convalescense peut être de quelques jours seulement et ce n’est possible qu’avec l’aide d’un robot. En France, le robot Zeus est en activité à Paris et le système nommé Da Vinci équipé d’un poignet plus performant qu’une main humaine est en phase de test. Deux problèmes toutefois : la prise en main n’est pas évidente et le travail se fait plus lentement (dans beaucoup opérations, on ne sert du robot que pour les étapes sensibles).

La téléchirurgie (sciences et vie)

 

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Le 7 septembre 2001, le professeur Jacques Marescaux et son équipe de l’I.R.C.A.D. (Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif ) ont réalisé, depuis New-York, une ablation de la vésicule biliaire (cholécystectomie ) sur une patiente de 68 ans hospitalisée à Strasbourg, grâce à un robot télécommandé à distance. L’intervention, baptisée Opération Lindbergh en hommage au premier vol transatlantique réalisé par l’aviateur américain, a duré 45 minutes. Cette révolution technologique a été rendue possible grâce à la chirurgie mini-invasive, la fiabilité des robots chirurgicaux et la qualité du service fourni par France Telecom.
Zeus, le robot utilisé pour cette intervention, a été conçu par la société californienne Computer Motion. Il est composé de deux parties. La première, à Strasbourg, est un ensemble de trois bras articulés munis l’un d’une caméra endoscopique miniature commandée à la voix, et les deux autres d’instruments chirurgicaux. La seconde partie, à New-York, est constituée d’un pupitre de commande avec un écran de contrôle vidéo et deux manettes téléguidant les mouvements des deux bras équipés des instruments chirurgicaux. Le chirurgien reste en contact avec l’équipe distante par un téléphone sur I.P. et un système de visio-conférence. La liaison est supervisée en temps réel en permanence par deux micro-ordinateurs.
France Telecom a déployé ce multi-service haut débit (10Mbit/s) sur fibre optique de bout en bout, afin de permettre au chirurgien de travailler de façon presque instantanée entre le moment où il actionnait les bras robotisés et où il observait ses gestes sur l’écran vidéo. Malgré les 7000 km de distance, il était impératif de respecter un délai constant et inférieur à 200 millisecondes entre le geste du chirurgien et le retour image qu’il en avait, délai qui inclut le temps de codage et de décodage de la vidéo ainsi que la transmission du signal. Grâce à ce service haut débit, ce délai n’a pas dépassé 150 millisecondes. Les chirurgiens ont bénéficié d’images d’une qualité équivalente à celle de la télévision avec un temps de retour imperceptible à l’oeil nu.
La téléchirurgie ouvre de nombreuses perspectives. Elle pourrait permettre à des spécialistes de réaliser à distance des opérations dans des zones où les compétences médicales pointues sont insuffisantes, et également de former certains chirurgiens des pays en développement. Cette méthode pourrait être prochainement utilisée pour des interventions plus complexes, notament pour la chirurgie cardiaque.

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